Le CPE déguisé
Aujourd'hui lundi, dans un peu moins d'une heure et demie, le gouvernement doit céder sur la question du CPE et annoncer, non son retrait, mais son aménagement-remplacement, son déguisement. Histoire de ne pas perdre la face, il n'y aura pas d'abrogation pure et simple, on peut le comprendre.
Haro sur ceux qui pensaient que nous en serions satisfait!
Un petit rappel très simple: il y avait des milions de personnes dans la rue pour le retrait du CPE et du CNE et de la LEC (loi sur l'égalité des chances). Un CPE new look, dans cette situation, ne peut donc nous satisfaire.
Mais est-ce que la mobilisation va se poursuivre, après ce retrait déguisé du CPE? Je parle d'une vraie mobilisation, qui prendrait de l'ampleur chaque jour, comme on a pu le voir jusqu'à présent. Ou va-t-on voir une sorte de baroud d'honneur durant encore quelques jours, avant de se faire happer par les préoccupations de chacun? J'opte pour ma part pour la deuxième solution, mais ce n'est pas sans espérer la première.
Cette situation, elle était à prévoir, elle était prévue, même. Nous avions essayé de prendre les mesures pour la surmonter, à savoir étendre nos revendications à celles citées au-dessus, et les faire savoir. Le problème est que nous n'étions et ne sommes toujours pas sur la même longueur d'onde.
Je pointe du doigt l'UNEF, et ses postures tactiques discutables. On nous taxe d'"anti-CPE" malgré le fait que nous nous batons pour faire valoir nos revendications? L'UNEF et son président, Julliard, ne s'en émeut pas, et précise que pour sa part, il s'agit d'une posture tactique, à savoir que le CPE est la seule mesure susceptible de rassembler l'ensemble des étudiants, travailleurs.. L'UNEF ne se veut pas le porte-parole du mouvement, et encore heureux. Malheureusement, comme par hasard, ce sont eux qui nous représentent médiatiquement (à cela plusieurs raisons, la solution de facilité pour les journalistes n'est pas la moindre je pense...)
Et là se pose un réel problème: n'appeler qu'au retrait du CPE, et en quelque sorte profiter de la mobilisation historique pour faire valoir son syndicat, suppose un coup d'arrêt prévisible du mouvement à chaque fois que le CPE sera modifié, masqué, déguisé. Un discours clair aurait été de revendiquer, dès le début, le retrait de la loi sur l'égalité des chances, et qu'on ne m'explique pas que le CPE a été le "déclencheur", le catalyseur de toutes les revendications, et qu'il fallait donc se servir de ce symbole fort, car là je m'énerve, et je réponds que le travail d'un syndicat est peut-être aussi de recentrer les revendications, de guider, et non de tirer une balle dans le pied à ce qui émane de l'Assemblée Générale.
Syndicats, de deux choses l'une: soit vous faites parti du mouvement, et donc n'adoptez en aucun cas une posture tactique différente de l'AG (vos tactiques, on voit où elles vous ont menées), soit vous dégagez.
Le CPE va être déguisé dans moins d'une heure maintenant, et nous verrons bien si le mouvement va encore prendre de l'ampleur ou stagner puis mourir. Dans le dernier cas, ce sera l'échec d'une tactique syndicaliste, encore une fois. Mais si toutefois il devait perdurer, UNEF, ne joue plus de double-jeu, et si tu n'émane pas de l'AG, ne fait plus entendre ta voix qui n'est plus audible par les milions de personnes mobilisées.
:: waouch 2006-04-10 02:06:23
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