Réflexion sur l'origine de la violence
Je voudrais ainsi commencer un cycle sur la violence. Il ne sera certainement pas très long, car il ne sera que pistes de réflexions. Interrogations plutôt.
L'homme est-il vraiment violent à l'origine? L'homme est-il réellement un "loup pour l'homme", selon la formule de Hobbes? Premières questions sur ce sujet, premières esquisses de réponses:
Le mimétisme est à la base de l'éducation, mais également des désirs, par extension de la violence.
En effet, les besoins - manger, dormir,..- trouvent leurs solutions évidentes pour les assouvir. Mais il n'en est pas de même des désirs, qui sont indéterminés. L'Homme, par nature, ne sait pas quoi désirer. Ainsi, ses désirs s'identifient aux désirs des autres, par pur mimétisme.
Ce que désire l'autre devient désirable.
Au final, les hommes en viennent ainsi à désirer les mêmes objets, et la violence devient inévitable. La violence mimétique, ici encore. La violence appelle la violence, les coups appellent les coups. Le cercle infernal est lancé. On ne sait même plus pourquoi l'on se bat, mais il apparaît évident que des représailles plus violentes encore sont les seules amènes à stopper le cercle vicieux.
Il semble que la société de consommation dans làquelle nous nous trouvons est donc particulièrement violente, par définition. A grands coups de publicités, nous sommes poussés à vouloir tous les mêmes produits... L'exemple me semble intéressant. Le premier niveau de violence est celui dont fait preuve le consommateur. Celui-ci désire la paire de chaussure à la mode du voisin. Le deuxième niveau est celui de la production qui assure la satisfaction de ces faux besoins crées par la pub. Première violence supplantée par une deuxième. Violences organisées. Le chaos.
Lorsque le paroxysme de la violence est atteind, losque tout le monde se bat contre tout le monde et qu'il n'y a plus que sang, alors l'indice le plus dérisoire peut désigner la victime. Le plus petit soupçon devient alors la certitude de tous, et le jugement se fait unanime. Le lynchage peut alors commencer, et la mort de la victime désignée rétablit l'ordre général. Quelle sera la victime finale du productivisme élevé au rang de valeur?
La victime acquiert un statut ambigü. Si elle est coupable, elle devient également le sacrifié qui permet la pacification de la communauté.
C'est de l' "efficacité sociale du mécanisme sacrificiel" que parle J-P. Dupuy dans Le sacrifice et l'envie pour désigner ce principe. Le sacrifice doit être compris comme "sacer-facere" = rendre sacré, précise plus loin Dupuy.
Le sacré est donc le résultat de la séparation entre les deux violences: celle impure à l'origine du désordre, et celle pure qui fonde l'ordre social.
Voilà en quelque sorte l'origine de la violence inhérente à toute société humaine, puis de celle qui vise à faire société.
Une violence chasse l'autre, le chaos demeure...
:: waouch 2006-05-28 14:49:27
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